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Surdosage ou sous-dosage de Levothyrox : les signes à connaître

La lévothyroxine (Levothyrox et ses génériques) remplace une hormone dont ton corps a besoin en quantité assez précise. Une dose un peu trop forte ou un peu trop faible peut donc te faire sentir mal, de deux façons presque opposées. Le surdosage accélère tout : cœur qui s'emballe, tremblements, mauvais sommeil, selles molles. Le sous-dosage ralentit tout : fatigue, frilosité, constipation, prise de poids. Les deux listes se recoupent, et c'est pour cela qu'une prise de sang, et non une impression, décide si la dose doit changer.

Quels sont les signes d'un surdosage de Levothyrox ?

La notice américaine de la FDA indique que les effets indésirables de la lévothyroxine sont « principalement ceux de l'hyperthyroïdie due à un surdosage thérapeutique » [C1]. La plupart de ce qu'on appelle « effets secondaires » correspond simplement à un excès d'hormone thyroïdienne. La notice cite [C1] :

  • Cœur : palpitations, pouls rapide, troubles du rythme, tension artérielle plus élevée ; dans les cas graves, angine de poitrine ou insuffisance cardiaque
  • Système nerveux : nervosité, anxiété, irritabilité, sautes d'humeur, insomnie, maux de tête, hyperactivité
  • Muscles : tremblements, faiblesse musculaire, spasmes
  • Chaleur et poids : intolérance à la chaleur, sueurs abondantes, fièvre, appétit accru, perte de poids
  • Digestion : diarrhée, crampes abdominales, vomissements
  • Peau, règles, os : chute de cheveux, bouffées de chaleur, éruption cutanée, règles irrégulières, fertilité diminuée, densité osseuse plus basse

La même liste mentionne aussi la fatigue [C1]. Te sentir fatigué(e) ne veut donc pas forcément dire que ta dose est trop faible.

Ce qui rassure : une revue systématique de 2026 portant sur 12 études (1 817 personnes) a montré que ces effets apparaissaient surtout quand la TSH était effondrée (supprimée). Dans les essais en aveugle contre placebo chez des personnes dont la TSH était dans la norme, la lévothyroxine ne faisait pas de différence significative par rapport au placebo [C3]. Notre article sur les effets secondaires de la lévothyroxine détaille cette distinction.

Quels sont les signes d'un sous-dosage de Levothyrox ?

Une dose trop faible laisse ton corps en manque d'hormone thyroïdienne : les symptômes d'hypothyroïdie persistent ou reviennent. MedlinePlus cite comme premiers signes la fatigue ou l'impression de tourner au ralenti, la faiblesse, la frilosité, des selles dures ou de la constipation, la prise de poids, une peau pâle ou sèche, des cheveux et des ongles fins ou cassants, la tristesse ou la dépression, des douleurs articulaires ou musculaires, et des règles plus abondantes et irrégulières [C2]. Si le manque est plus important ou dure plus longtemps, des signes plus tardifs apparaissent : cœur lent, visage, mains et pieds gonflés, voix rauque, parole ralentie et température corporelle basse [C2]. Ils s'installent lentement, si bien que beaucoup de personnes ne les remarquent qu'après coup.

Surdosage ou sous-dosage : les signes côte à côte

La colonne « trop forte » vient de la notice de la FDA [C1], la colonne « trop faible » de MedlinePlus [C2].

SigneDose trop forte (surdosage)Dose trop faible (sous-dosage)Ce que tu peux demander à ton médecin
CœurPalpitations, pouls rapide ou irrégulier, tension plus élevéeCœur lent (signe tardif)« Ma TSH pourrait-elle être effondrée ? Faut-il vérifier mon rythme cardiaque ? »
Sommeil et énergieInsomnie, hyperactivité, mais aussi fatigueFatigue, impression de tourner au ralenti, faiblesse« Cette fatigue vient-elle de la thyroïde, ou faut-il chercher une autre cause ? »
TempératureIntolérance à la chaleur, sueurs abondantes, fièvreFrilosité, température corporelle basse« Ma TSH a-t-elle bougé depuis mon dernier bilan ? »
Poids et appétitPerte de poids, appétit accruPrise de poids« Mon poids a-t-il assez changé pour revoir ma dose ? »
TransitDiarrhée, crampes abdominalesSelles dures, constipation« Un nouveau médicament ou complément pourrait-il gêner l'absorption ? »
HumeurNervosité, anxiété, irritabilité, sautes d'humeurTristesse, dépression« Faut-il doser la TSH avant de chercher d'autres causes ? »
Peau et cheveuxChute de cheveux, bouffées de chaleur, éruptionPeau pâle ou sèche, cheveux et ongles fins ou cassants« Cette chute de cheveux vient-elle de ma dose, ou d'autre chose ? »
RèglesRègles irrégulièresRègles plus abondantes et irrégulières« Ma dose peut-elle l'expliquer, et est-ce important si je veux une grossesse ? »

La fatigue, la faiblesse et les changements des cheveux figurent dans les deux colonnes.

Pourquoi les symptômes ne suffisent pas, et quand doser la TSH

Les symptômes, à eux seuls, sont un mauvais guide. Plusieurs figurent sur les deux listes [C1][C2], beaucoup ont des causes sans rapport avec la thyroïde, et ils sont en décalage avec les taux sanguins : la notice précise que l'effet maximal d'une dose peut mettre 4 à 6 semaines à apparaître [C1]. L'âge brouille aussi les pistes. Dans une étude de population danoise sur l'hypothyroïdie nouvellement diagnostiquée, les 13 symptômes étudiés étaient tous plus fréquents que chez des témoins appariés parmi les moins de 50 ans, mais seulement 3 l'étaient chez les 60 ans et plus [C7].

C'est donc la TSH (hormone thyréostimulante) qui arbitre. Quand la dose de lévothyroxine est trop forte, la TSH baisse ; quand elle est trop faible, la TSH monte. Pour savoir lire ce chiffre, consulte notre guide sur le dosage de la TSH.

Chez l'adulte, la notice recommande de contrôler la TSH 6 à 8 semaines après tout changement de dose, puis tous les 6 à 12 mois une fois la dose stable, ou plus tôt si ta situation change [C1]. Si tu prends de la biotine (fréquente dans les compléments pour cheveux et ongles), la notice conseille de l'arrêter au moins 2 jours avant la prise de sang, car elle peut fausser les résultats des bilans thyroïdiens [C1]. Pour le calendrier : à quelle fréquence contrôler la TSH.

Pourquoi une dose un peu trop forte compte davantage avec l'âge

Sur des mois ou des années, une dose qui reste trop forte est associée à des troubles du rythme cardiaque et à une perte osseuse, deux risques qui pèsent plus lourd chez les personnes âgées.

  • Fibrillation atriale. La notice indique que la fibrillation atriale est le trouble du rythme le plus fréquent en cas de surdosage de lévothyroxine chez les personnes âgées, et recommande pour elles, comme pour les personnes cardiaques, des doses de départ plus faibles [C1]. Dans une cohorte écossaise de 17 684 personnes sous lévothyroxine au long cours, une TSH effondrée (≤ 0,03 mU/L) était associée à davantage de troubles du rythme (hazard ratio 1,6) et de maladies cardiovasculaires (1,37) qu'une TSH dans la norme [C4].
  • Perte osseuse et fractures. Un surdosage peut augmenter la résorption osseuse et diminuer la densité osseuse, surtout après la ménopause [C1]. Dans la cohorte écossaise, une TSH effondrée était associée à un risque de fracture environ deux fois plus élevé (hazard ratio 2,02) [C4]. Parmi 213 511 adultes de 70 ans ou plus sous lévothyroxine en Ontario, les doses supérieures à environ 93 µg/jour étaient associées à un risque de fracture 3,45 fois plus élevé (odds ratio) que les doses inférieures à environ 44 µg/jour [C5].

Une dose trop faible comportait aussi un risque : dans la même cohorte, une TSH au-dessus de 4,0 mU/L était liée à davantage de maladies cardiovasculaires, de troubles du rythme et de fractures, alors qu'une TSH basse mais non effondrée (0,04–0,4 mU/L) n'était pas liée à un risque accru [C4]. Ce sont des études observationnelles : elles montrent des associations, pas une preuve de cause à effet.

Une dose trop forte n'a rien de rare. Dans une cohorte américaine sur le vieillissement, 9,6 % des personnes sous hormone thyroïdienne avaient une TSH basse, contre 0,8 % de celles qui n'en prenaient pas, et chez environ un tiers des participants suivis, cette situation durait au moins deux ans [C6]. Pour aller plus loin : thyroïde et risque cardiovasculaire et thyroïde et ostéoporose.

Pourquoi une dose qui convenait ne convient plus

Une dose qui a bien fonctionné pendant des années peut sortir de la cible. La notice rappelle que la bonne dose dépend de l'âge, du poids, de l'état cardiaque, d'autres maladies dont la grossesse, des autres médicaments et de l'alimentation [C1]. Les raisons les plus courantes :

  • Un changement de poids. La substitution complète se calcule par kilo (environ 1,6 µg/kg/jour pour beaucoup d'adultes) : une forte prise ou perte de poids peut donc modifier tes besoins [C1].
  • La grossesse. Les besoins peuvent augmenter : la TSH est surveillée pendant la grossesse, et la dose revient en général au niveau d'avant la grossesse juste après l'accouchement [C1]. Préviens ton médecin dès que tu es enceinte ou que tu prévois de l'être [C1].
  • Un nouveau médicament ou complément. Le fer, le calcium et les antiacides réduisent l'absorption et doivent être pris à au moins 4 heures d'écart de la lévothyroxine ; les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) et le sucralfate peuvent aussi la diminuer [C1].
  • Un changement de marque ou de générique. Dans une enquête auprès des membres de trois sociétés américaines d'endocrinologie, 52 des 54 effets indésirables graves rapportés concernaient le passage d'un produit à base de lévothyroxine à un autre, le plus souvent fait en pharmacie sans que le prescripteur le sache [C8]. Il s'agissait de signalements de médecins, pas d'une étude contrôlée.
  • Le moment de la prise par rapport aux repas et au café. La notice conseille une prise à jeun, 30 à 60 minutes avant le petit-déjeuner [C1]. Une revue systématique a trouvé des preuves limitées mais concordantes que le café, le soja, les fibres, le calcium et le fer réduisent l'absorption, et que respecter un délai suffisant permet d'éviter cette interaction [C9]. Voir bien prendre sa lévothyroxine.
  • L'avancée en âge. Les personnes âgées commencent généralement à des doses plus faibles en raison du risque cardiaque [C1].

Si l'une de ces situations te concerne, parles-en à ton médecin ou à ton pharmacien plutôt que de modifier la dose toi-même : seul un nouveau dosage de la TSH montre où tu en es. Si tu utilises Thyra, le suivi quotidien de tes symptômes te permet de repérer des tendances à partir de 7 jours enregistrés, à côté de tes résultats d'analyses, pour les apporter à ta consultation.

Quand consulter en urgence ou appeler ton médecin

Consulte en urgence (appelle le 15 ou le 112) en cas de :

  • Douleur dans la poitrine
  • Cœur très rapide, qui cogne fort ou irrégulier, surtout avec essoufflement, vertiges ou malaise
  • Température corporelle très basse, respiration ralentie ou difficulté à te réveiller : ce peuvent être des signes de coma myxœdémateux, une urgence rare due à un manque très important d'hormone thyroïdienne [C2]

Appelle ton médecin rapidement si tu remarques :

  • De nouvelles palpitations, des tremblements, une insomnie ou une intolérance à la chaleur après une augmentation de dose
  • Une fatigue, une frilosité ou une constipation qui reviennent peu à peu sur plusieurs semaines
  • Un changement de poids inexpliqué ou une modification de tes règles
  • L'un de ces signes après un nouveau médicament ou complément, ou après un changement d'aspect de tes comprimés

N'arrête jamais la lévothyroxine et ne modifie jamais ta dose de toi-même.

Questions fréquentes

Un surdosage de Levothyrox peut-il donner de l'anxiété ?

Oui. La notice de la FDA cite la nervosité, l'anxiété, l'irritabilité et l'insomnie parmi les signes d'un excès d'hormone thyroïdienne [C1]. À une dose qui maintient la TSH dans la norme, les essais en aveugle n'ont pas trouvé de différence significative avec le placebo : un dosage de la TSH aide donc à savoir si la dose est en cause [C3].

Combien de temps après un changement de dose vais-je sentir une différence ?

La notice précise que l'effet maximal peut mettre 4 à 6 semaines et qu'il faut parfois plusieurs semaines pour sentir les symptômes s'améliorer [C1]. C'est pourquoi la TSH est en général recontrôlée 6 à 8 semaines après un changement, pas avant [C1].

J'ai pris une double dose de Levothyrox par erreur : que faire ?

Appelle ton pharmacien, ton médecin ou un centre antipoison (aux États-Unis, la notice cite le 1-800-222-1222) [C1]. La notice indique que les symptômes de surdosage peuvent n'apparaître que plusieurs jours plus tard [C1]. Demande conseil avant de changer quoi que ce soit à ta prochaine prise, et consulte en urgence en cas de douleur dans la poitrine ou de cœur qui s'emballe ou devient irrégulier.

La chute de cheveux veut-elle dire que ma dose est trop forte ou trop faible ?

Les deux sont possibles. La chute de cheveux figure parmi les effets d'un excès de lévothyroxine, et la notice précise qu'une perte partielle des cheveux peut survenir pendant les premiers mois de traitement et qu'elle est en général passagère [C1]. Des cheveux fins et cassants sont aussi un signe de manque d'hormone thyroïdienne [C2]. C'est ton résultat de TSH qui fait la différence.

Ma TSH est normale mais je ne me sens toujours pas bien : qu'est-ce que ça veut dire ?

La dose n'est probablement pas en cause. Dans les essais en aveugle contre placebo chez des personnes ayant une TSH dans la norme, la lévothyroxine n'a pas provoqué significativement plus des effets étudiés, comme les palpitations, les maux de tête ou l'anxiété, que le placebo [C3]. Demande à ton médecin quelles autres explications envisager ; chez les personnes âgées en particulier, les symptômes reflètent mal l'état thyroïdien [C7].

En bref

Cœur rapide, tremblements, insomnie, chaleur et selles molles orientent vers une dose trop forte ; fatigue, frilosité, constipation et prise de poids vers une dose trop faible. Comme les listes se recoupent, parle de tes symptômes à ton médecin et laisse un dosage de la TSH, en général 6 à 8 semaines après tout changement, décider de la suite. Consulte en urgence en cas de douleur dans la poitrine ou de cœur très rapide ou irrégulier, et n'ajuste jamais la dose de toi-même.

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Sources

  1. A
  2. A
  3. A
  4. A
  5. A
  6. A
  7. A
  8. A
  9. A